L’adoration

Les psaumes invitatoires, chaque matin, nous invitent au début du jour, à adorer le Seigneur.
N’est-ce pas significatif ? L’adoration au Carmel, comme pour tout baptisé ,et fondamentalement, tout homme, les « Mages » en témoignent, est l’acte et le cri premiers envers Dieu.

Adorer, n’est-ce pas la totale gratuité ? On pense souvent à la prière comme intercession, et c’est légitime. Le Christ lui-même nous le dit : « demandez, et vous obtiendrez… ».

Mais l’adoration, peut-être la négligeons nous quelque peu, ou la réserve-t-on à ‘ceux qui ont le temps’, les contemplatifs! Le beau texte du Pape François sur ce sujet nous montre bien le contraire, adorer n’est pas perdre son temps et c’est d’ailleurs davantage une attitude de l’âme qu’une question de minutes ou d’heures. Tout comme la position debout signifie la dignité de l’homme, celui-ci trouve toute sa pleine humanité dans l’acte d’adorer.
Adorer le Seigneur, c’est reconnaître qu’il est Dieu, s’étonner et rendre grâce qu’IL SOIT et qu’Il donne sans cesse vie à tout le crée.

« Seigneur, vous me comblez de joie par TOUT ce que vous faites » (Ps. 91) relève la petite Thérèse. Adorer Dieu dans ses volontés, quelles qu’elles soient. Le vieil homme y répugne. Et pourtant ! Comment adorer Dieu comme notre Père sans accueillir comme un don les paroles et les événements qu’Il nous offre de vivre ? Sans doute avons-nous bien besoin de nous entraider dans la prière pour parvenir à ce consentement profond du Fils de Dieu, à Gethsémani : « Père, non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux ». Non seulement la petite, mais la grande Thérèse ne nous apprennent pas autre chose.

A la Samaritaine qui l’interroge, Jésus répond :
« …nous, nous adorons ce que nous connaissons,
car le salut vient des Juifs.
Mais l’heure vient -et c’est maintenant-
où les véritables adorateurs adoreront le Père
dans l’esprit et la vérité… » (Jn 4, 22-23)

Par ailleurs, Charles de Foucauld avait été tellement impressionné par le prosternement des fidèles de l’Islam devant le Dieu unique et transcendant que de là date son retour vers le Christ.

Tous sont appelés à être des « adorateurs tels que recherche le Père » (Jn 4, 23 ).
L’adoration, corps et âme ne peut-elle pas constituer un lieu de rapprochement entre juifs, chrétiens et musulmans ?
Si par l’oraison, selon Ste Thérèse de Jésus, nous devenons « serviteurs de l’amour » (Vie, 11, 1),
ne le serons nous pas aussi en vivant une oraison tout adorante du Dieu Trinité (cf Ste Elisabeth de la Trinité) ; serviteurs et servantes de la paix, de l’unité, de la communion entre tous les hommes ?

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